Aux armes citoyens!!!

On dit que la répétition est pédagogique ; alors je vais le dire autant de fois que la nécessité s’en fait ressentir: le sang a dejà trop coulé. En l’espace de deux mois, deux personnes sont dejà mortes pour des raisons politiques. Deux victimes ce n’est peut être rien comparé à ce qu’on a l’habitude d’entendre dans les médias ; mais deux morts au Sénégal, c’est déjà trop. Avec la validation de la candidature de Wade par le Conseil constitutionnel, le Sénégal vit l’un des moments les plus tendu de son histoire. Le pays se trouve sur une pente raide, au bord du gouffre prêt à sombrer dans une spirale de violence.

Cela fait déjà plusieurs jours que les messages de paix, diffusés à plusieurs reprises sur la chaîne nationale, étaient lancés par les différentes confréries religieuses du Sénégal. C’est comme si tout le monde savait à l’avance la décision du Conseil constitutionnel en ce qui concerne la validation ou non de la candidature de Wade. Il faut dire que naïfs sont les personnes qui croyaient à l’invalidation de la candidature de Wade. Donc chacun s’attendait, et moi en premier, à quelques manifestations d’humeurs comme il y’en a eu ces derniers mois depuis le 23 juin. Mais je dois avouer que je ne m’attendais pas à ce que çà prennent autant d’ampleur jusqu’à ce qu’il y ait mort d’homme. Déjà les premières infos à fuser faisaient état d’émeute à la place de l’Obélisque où s’étaient réunis les sympathisants du M23(Mouvement du 23 juin) qui attendait la délibération du dit Conseil. Ensuite on a entendu que les émeutes se sont étendues dans certains quartiers de Dakar puis dans certaines régions. Mêmes des photos des dites émeutes ont été publiée sur certaines site d’informations. Photos sur lesquelles on a énormément du mal à voir quelques choses tant la qualité est médiocre. Mais dès l’annonce de la mort du policier, une vidéo montrant un corps inerte étendu par terre a commencé à circuler sur facebook et youtube avant d’être supprimée. Mais c’était trop tard, la magie du net avait déjà fait son job et nombreux ont pu juger cette fois ci de la gravité de la situation sur place. Lorsqu’on se trouve à l’étranger, cette impression s’amplifie car on pense que c’est tout le pays qui crame. Le premier reflexe c’est de se ruer sur les medias en ligne pour glaner quelques infos, afin de voir comment évolue la situation. Pour ce qui est de la RTS, n’y pensons même pas c’est le black-out total. Par contre sur les radios et télévisions privée, on peut s’informer à la minute près sur l’évolution des évènements.

Ne brûle pas mon pays

Au vu des événements qui se déroule dans mon pays, une question me revient très souvent à l’esprit. Cette question, je me la suis posée il y a quelques mois de cela dans un de mes articles, En valent-ils vraiment la peine ? C’était lorsque la Côte d’ivoire était confrontée à ses vieux démons. Certes les situations ne sont pas comparables mais aujourd’hui encore plus que par le passé, je me dois de me la poser et par cette même occasion, la poser à mes compatriotes. En ce qui me concerne, ma position reste invariable. Jamais je ne mettrai ma vie en danger pour des politicards. Tout simplement parce qu’ils en valent pas la peine. Qu’ils soient de l’opposition ou du pouvoir, c’est du pareil au même. Tout ce qu’ils veulent c’est être « Khalife à la place du Khalife ». Donc chacun devrait réfléchir aux actes qu’il envisage de poser. Manifestez pacifiquement s’il le faut, mais il ne faut pas casser pas ou bruler des choses dont nous nous servons chaque jour. Ce que nous avons en commun c’est le Sénégal et la dernière chose qu’il faut, c’est de le mettre en péril.

Faire dégager Wade et sa clic est une chose, mais le faire avec la violence en est une autre. Dans à peine un mois, ce sera les élections présidentielles ; et vu que le Conseil constitutionnel a pris sa décision, qu’elle soit juste ou non, mieux vaut ne pas perdre du temps sur des débats inutiles ou encore sur des actions qui n’ont aucune incidence sur l’état actuelle des choses sinon mettre le pays dans un état d’insécurité. Au final, c’est le peuple qui choisit. Et il nous montré à maintes reprises qu’il n’était pas dupe et qu’il n’avait pas peur du changement s’il en juge la nécessité. S’il y a une arme assez efficace contre les politiciens sénégalais c’est bien la carte d’électeur. Donc que chacun rentre chez soi pour préparez la véritable bataille qui mérite vraiment d’être livrer. Voilà pourquoi je dis : aux armes citoyens !!!

« Mbolo moy dolé », l’union fait la force

Pas le peine d’être un diplômé en génie militaire pour savoir que, plus on est nombreux, plus on a de chance de gagner une bataille. L’union fait la force ; voilà un proverbe que les gens répètent tout le temps. Mais c’est à se demander si l’opposition sénégalaise en a déjà entendu parler. Tous veulent le départ de Wade et pourtant chacun tente sa chance de son coté. C’est à ne plus rien y comprendre. Devant un intérêt commun et dans une situation pareille à celle que nous vivons actuellement, la meilleure tactique aurait été  de faire une alliance pour battre l’adversaire. S’assoir autour d’une table et discuter pour trouver entre les différents leaders Le candidat qui ira affronter le président sortant. Mais voilà qu’ils décident de faire cavalier seul laissant un grand boulevard pour Wade et compagnies. Qu’on ne s’y trompe pas, même si Wade a perdu de l’estime aux yeux de beaucoup de Sénégalais, il possède quand même grand nombre de sympathisants dans le pays. Disperser les voies des électeurs devant un tel adversaire équivaut presque à lui offrir un mandat supplémentaire. Au final, on peut se demander si c’est vraiment les intérêts du peuples qu’ils cherchent à défendre ou plutôt les leurs.

Au total quatorze candidats ont été retenus pour le scrutin à venir. Quatorze choix çà fait déjà beaucoup. Et parmi ces prétendants, il y a six ténors qui composent avec Abdoulaye Wade le lot des candidats favoris ; il s’agit de Tanor Dieng, Moustapha Niasse, Idrissa Seck, Macki Sall Cheikh Tidiane Gadio et Cheikh Bamba Dieye. Avec un tel casting, on peut dire que les Sénégalais ont vraiment l’embarras du choix.

Aujourd’hui plus que jamais, le Sénégal est sous le feu des projecteurs. A nous de montrer que nous savons opérer un changement sans que l’Histoire n’ait à nous rappeler, à l’avenir, les taches sombres de notre passé. Pour finir, je tiens à citer un post que j’ai recueilli sur facebook et que j’ai beaucoup aimé:

« Maintenant que le conseil constitutionnel a fait son choix par rapport à la candidature de WADE, le peuple sénégalais a deux choix:
– sombrer inutilement dans la violence aux détriments de tous
– montrer à tout le monde que le PEUPLE peut lui aussi prendre son destin en main et faire son choix grâce à nos cartes d’électeur dans la paix ».

Comme on a l’habitude de dire que le Sénégal est un pays de paix, faisons en sorte que ces paroles ne soient pas juste des mots en l’air. Après tout, c’est la vie de douze millions de personne qui est en jeu.


 

 

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Ameth DIA
Blogueur sénégalais, ancien Sanaarois, passionné de jeux vidéo (particulièrement de MMORPG), de Naruto, grand fan de Sexion d'assaut et supporter de l'équipe de France de football.
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