Violet de Galmi, la campagne suit son cours

J’avais dit dans un de mes précédents billets que mettre 1 kg de semence de violet de Galmi en pépinières n’était pas une chose aisée, mais ce que je n’avais pas prévu c’est que le fait de les repiquer est encore plus difficile.

Épandage avant enfouissement du fumier

Épandage avant enfouissement du fumier

Depuis bientôt un mois, c’est comme si je suis retourné en arrière, c’est-à-dire à l’époque où l’on préparait les planches pour les pépinières. J’ai renoué le contact avec ma fameuse pelle carrée et la brouette que j’avais délaissées avec grande joie juste le temps d’un petit répit. Je me souviens encore des va-et-vient incessants, de la lourdeur du poids du fumier malgré les consignes de Pa 5 ans et demi de ne pas surcharger la brouette, du pneu de celle-ci qui s’enfonce dans le sol sablonneux rendant le trajet encore plus long et plus difficile. Cette fois-ci les choses ont un peu changé. Il faut dire que j’ai retenu les leçons des expériences passées. Le tas de fumier était juste à côté de la parcelle qu’on allait exploiter. Et autre avantage de taille, nous avions reçu du renfort, un cousin qui est arrivé à point nommé et qui est désormais mon collègue de travail.

Planches dun mètre de large

Planches d’un mètre de large

Le repiquage de l’oignon nécessite aussi des planches. Le procédé reste le même, pré irrigation, labour, délimitation des planches (avec toujours une largeur de 1 m) et pour finir enfouissement de l’engrais chimique et/ou organique. Au début, la difficulté ne se faisait pas sentir, parce que nous repiquions à même les pépinières. Comment est-ce possible?  Lors du semis, nous avions laissé assez d’espace entre les lignes (20 cm) pour que cela soit possible, faisant ainsi d’une pierre deux coups. Avec cette technique, on a vite fini de repiquer toute cette parcelle qui servait toujours de nurserie avant d’aller vers une nouvelle. Rebonjour les maux de dos. À force d’avoir le dos courbé toute la journée à sortir des planches, on finit par ne plus ressentir sa colonne vertébrale qui s’étire et les os du bassin qui piquent la peau. Parfois, il m’arrivait de me tenir debout, les mains posées sur le bassin, le haut du corps légèrement penché vers l’arrière essayant de contrer les pressions exercées sur cette partie du corps. Ça me soulageait pendant un moment seulement, mais la douleur revenait dès que l’on se remettait au boulot. Une fois les planches finies, il est temps de passer au repiquage.

Plantules à habiller et calibrer

Plantules à habiller et calibr

Là aussi il y a un travail préliminaire à effectuer, l’habillage, la taille des racines et le calibrage. Lorsque les plantules sont retirées de la pépinière, elles doivent être coupées en deux sur la longueur, pour qu’une fois repiquées, de nouvelles feuilles puissent repousser. De même on diminue les radicelles. Le calibrage consiste lui à mettre de côté les plus grosses plantules des plus petites. Hélas beaucoup de paysans ne prennent pas le temps d’effectuer cette tâche ô combien importante. Lorsque les grosses plantules sont mélangées aux plus petites et repiquées sur la même place, ces dernières n’arriveront pas à terme au même moment. Or une fois que l’oignon a fini son cycle, il est obligatoire d’arrêter l’arrosage sous peine de voir sa production pourrir. Ils se retrouvent donc souvent entre le marteau et l’enclume, à essayer de choisir entre préserver les plantes arrivées à terme, et sauver celles qui ne le sont pas encore. Dans les deux cas, ils seront perdants.

Repiquage des plantules (12*20cm)

Repiquage des plantules (12*20cm)

D’habitude, le repiquage se fait de préférence le soir lorsque le soleil est sur le point de décliner, pour éviter qu’il n’affaiblisse trop les plantules. Cependant, l’oignon est beaucoup plus résistant que les autres plantes sur ce point précis. Comme pour la tomate, le piment, l’aubergine, etc. Il est fortement déconseillé de repiquer plus tôt dans la journée sous peine de voir les plantules flétrir même après l’arrosage. J’en ai fait l’amère expérience. Un jour, nous avions repiqué des plants de tomate en pleine matinée. Le soir lorsque je suis revenu voir comment elles se débrouillaient, elles étaient toutes flétries, comme si elles n’avaient jamais été arrosées. Il nous a fallu plusieurs jours d’arrosage quotidien pour que les plantules reprennent un bon départ.
Dans le cas de l’oignon, le repiquage peut se faire à n’importe quel moment de la journée sans qu’il n’y ait une très grande incidence sur les plantules. Il faudra alors arroser copieusement les planches juste après. Les plantules sont transplantées à l’intérieur des planches d’un mètre de large maximum. Elles sont disposées en lignes écartées de 15 à 20 cm et sur cette même ligne, espacées de 10 à 12 cm. C’est selon la volonté du paysan d’avoir de gros bulbes ou des moyens. Là encore certains pensent qu’il est préférable de les repiquer serré pour avoir le maximum de plants dans une planche, oubliant qu’il faudra désherber et gratter le sol pour que la plante se développe normalement. À ce propos, une femme qui nous aidait à repiquer trouvait que l’on avait laissé beaucoup trop d’espace entre nos lignes. Le plus bizarre ce n’est pas sa remarque, mais c’est que l’explication qu’on lui donna par la suite ne l’a guère convaincue. C’est vous dire combien il est difficile de changer les habitudes d’une personne, particulièrement du saloum-saloum.

La campagne de « soblé » suit son cours. A chaque étape ses écueils qu’on parvient à surmonter tant bien que mal. Bientôt il sera temps de changer de parcelle, car la nouvelle n’est pas assez grande pour pouvoir accueillir toutes les pépinières. C’est qu’au début nous avions prévu d’en vendre une partie, mais devant le peu d’intérêt que les gens du coin ont manifesté, sans oublier les tentatives de certains qui veulent en profiter pour casser le prix (3 000 francs Cfa le mètre carré), nous avons décidé de ne point sacrifier tant d’efforts et d’aller jusqu’au bout de l’aventure. Prochaine étape, un endroit mythique, connu de tous dans le village et qui en a fait détaler plusieurs…
A suivre.

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Ameth DIA
Blogueur sénégalais, ancien Sanaarois, passionné de jeux vidéo (particulièrement de MMORPG), de Naruto, grand fan de Sexion d'assaut et supporter de l'équipe de France de football.
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